Restitution de la résidence d’artiste d’Aurélie Gatet

Il y a tout juste un an, la cité scolaire inaugurait la fresque en hommage à celle qui lui donne son nom, la scientifique et résistante Laure Gatet dont la nouvelle image colorée et modernisée, tranchant avec les habituelles représentations sépia de la jeune femme des années 1930, redonnait un coup de jeune à l’attachement des membres de la communauté scolaire envers celle qui est aujourd’hui un véritable modèle d’engagement et de convictions à suivre.

Cette inauguration était pour la famille Gatet l’occasion de renouer avec le passé de son aïeule que l’histoire familiale avait quelque peu occulté. C’est donc dans une véritable forme de continuité que l’artiste plasticienne Aurélie Gatet, arrière-petite-nièce de Laure Gatet, se voyait proposer pour cette année scolaire 2025/2026 un projet de résidence artistique au sein de la cité scolaire afin de s’y émerger et travailler, en classe ou à la rencontre d’élèves et personnels de façon individuelle, sur l’héritage spirituel que laisse celle qui a donné son nom à notre établissement en 1969 après l’avoir fréquenté lors de ses études secondaires alors qu’il était encore le « lycée de Jeunes Filles de Périgueux ».

C’est ce mercredi 29 avril qu’une cérémonie de restitution des travaux de cette résidence était programmée en présence de nombreux partenaires et membres de la famille Gatet, des élèves et personnels impliqués dans ces travaux ainsi que des délégués de classe, du CVC et du CVL qui, à travers leur mandat d’élus collégiens et lycéens, représentent le premier niveau d’engagement à valoriser.

Si la finalité majeure de cette résidence était la réalisation d’une capsule temporelle renfermant divers témoignages sous des formes très différentes, de très nombreuses productions étaient présentées lors de cette matinée. Un peu partout sur les murs ou les escaliers, parfois dans des recoins peu visités, Aurélie Gatet avait collé des portraits de son aïeule mais aussi des travaux d’élèves, ré-interprétation de portraits de Laure, montages, coloriages réalisés pour la plupart au collège avec Mme Istace, enseignante d’histoire-géographie. Une série de photos réalisées par des internes montrait les lieux les plus anciens de la cité scolaire, notamment la vieille salle de musique désaffectée sous les combles que l’illustre ancienne élève a peut-être connue et que son esprit vient sans doute hanter de temps à autre.

Le groupe Danse de l’association sportive présentait son travail de l’année intitulé Résister et monté dans le cadre de cette résidence. Une chorégraphie engagée qui voyagera encore, de l’Odyssée à Périgueux pour la soirée de danse scolaire le 8 juin au Nouveau Festival du Conseil Régional au Rocher de Palmer à Cenon dans quelques jours auquel les élèves de Mme Harisbourre participent tous les ans avec leurs camarades venus de toute la région.

Les chimistes de Seconde de l’option Science et Laboratoire encadrés par M. Claude et une élève de Terminale spécialité Physique-Chimie présentaient également leurs travaux, une vidéo intitulée « L’instant Laure » l’imaginant arpenter en 2026 les laboratoires du 4ème étage d’un bâtiment A qu’elle n’a pas connu. Ils ont également réalisé à l’argenture (à l’ancienne) un ballon de verre pour fabriquer un miroir sphérique ; de la pure chimie… romantique. Les personnels étaient ensuite invités à laisser sur un ruban de papier une trace d’eux introduite dans le ballon scellé qui devait à son tour rejoindre la capsule temporelle.

Mais c’est assez logiquement que le contingent de nos élèves d’Arts Plastiques, membres des groupe de Première et Terminale, en spécialité ou en option facultative dirigés par Mme Bernard-Hamon, présentaient leurs nombreux travaux imaginés autour de quatre axes laissant libre cours à leur imagination. Tandis qu’un premier groupe se réappropriait les codes du portrait des années 1930, un autre réinventait les lieux tels que Laure Gatet aurait pu les connaitre et un troisième explorait la notion de Résistance. Enfin, c’est avec tout autant d’ingéniosité que les élèves se saisissaient d’une proposition de travail d’imagination de ce que pouvait être et contenir une capsule temporelle. Ces travaux d’élèves sont exposés tout le mois de mai dans le hall du bâtiment C qui prend enfin à cette occasion toute sa vocation de galerie d’exposition.

Après son scellement précautionneux afin de préserver au maximum les trésors intimes qu’elle renferme désormais, la malle contenant des témoignages oraux, des lettres à Laure Gatet, des représentations artistiques et autres messages mystérieux était alors enterrée à l’entrée de la Cité Scolaire, sous un pupitre métallique réalisé par Aurélie Gatet dont le souhait le plus cher serait de revenir d’ici 20 ou 30 ans pour procéder à l’ouverture de cette véritable capsule temporelle.

Plus que jamais, « L’esprit de Laure Gatet résonne encore dans nos lieux et dans nos vies ».

Olivier Henry

Photographies (c) OH

Retrouvez également ici l’article de la Dordogne Libre

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